Principe ou modalité, autour de quoi tournez-vous en rond ?

principe ou modalité

Quand vous tournez en rond sur une difficulté, il y a de fortes chances que vous tourniez autour… d’une modalité.

Cette notion m’a donné du fil à retordre. Non pas que je ne l’aie pas comprise : il m’a simplement fallu du temps pour l’intégrer à mon quotidien. Et cette semaine, en retrouvant des dirigeants d’établissements de santé que j’avais formés pendant deux jours le mois dernier, nous sommes revenus sur ce sujet.

Principe, modalité : de quoi s’agit-il ?

Le Larousse définit le principe comme une « proposition fondamentale qui définit un mode d’action », et la modalité comme la « manière dont se fait une action ». La modalité, c’est donc la façon dont un principe se décline concrètement.

Si j’applique cela à l’un des Principes Éthiques du Leadership Éthique, la santé : nous en avons tous besoin, petits et grands, où que nous soyons sur la planète. C’est un principe. Mais il ne se décline pas de la même façon pour un nourrisson, un adolescent, un adulte ou une personne âgée. Tous ont besoin de sommeil et de nourriture, mais pas dans les mêmes quantités ni sous la même forme. Le principe de santé se décline à travers de nombreuses modalités, qui peuvent changer vite : une canicule puis un grand froid six mois plus tard appellent des façons très différentes de prendre soin de sa santé.

Comprendre la différence est simple. L’appliquer… c’est une autre histoire.

Un principe, mille modalités

Si vous avez suivi, par principe 😉, un même principe offre de nombreuses modalités. Donc, logiquement, quand vous êtes coincé sur une option ou une manière de faire… vous êtes bloqué dans cette modalité. Prendre du recul et revenir au principe permet d’en trouver d’autres.

J’en ai eu une très belle illustration il y a quelques années, dans un collège où j’intervenais avec mon amie et consultante Carole Beloeil. Alors que nous présentions les référentiels du Leadership Éthique, une collégienne s’est exclamée : « J’ai trouvé ! » Nous lui avons demandé ce qu’elle avait trouvé. Elle nous a expliqué être très touchée par la faim, et prendre chaque matin de la nourriture chez elle pour la donner à une personne sans domicile qu’elle croisait sur son chemin. Elle a ajouté qu’elle vivait très mal de ne pas pouvoir faire plus, et qu’elle venait de comprendre qu’il y a en fait énormément d’options pour trouver des solutions à plus grande échelle : proposer à ses camarades de classe de contribuer au projet, demander au responsable de la cantine s’il était possible de récupérer les surplus, organiser une collecte auprès des parents du collège…

Elle venait de passer de la modalité « donner seule, chaque matin, de la nourriture aux personnes je croise », au principe « que personne n’ait faim dans les rues de ma ville ». Et en faisant cela, elle venait de trouver toute une liste de possibilités.

Et dans une organisation ?

Avec ces dirigeants, nous avons parlé, période oblige, des réunions budgétaires, qui cristallisent souvent les modalités. Prenons les repas servis aux patients.

La modalité : atteindre le coût journalier moyen donné. Réaction : sourcils froncés, « c’est difficile, nous n’allons pas y arriver, déjà que ce n’est pas évident de faire en sorte que la nourriture soit bonne… »
Le principe : offrir aux patients des repas de la meilleure qualité possible, tout en restant à l’équilibre pour assurer la sécurité de l’établissement, sa continuité et ses investissements.

Revenir au principe ne fait pas disparaître la contrainte financière : cela élargit les moyens d’y répondre. Un cuisinier passionné de pâtisserie qui remplace les gâteaux industriels. Une coopérative agricole voisine qui livre des produits frais sans intermédiaire. Un potager pédagogique au sein de l’établissement. Identifier les gaspillages (et quand la nourriture est bonne, il y a moins de restes).

Bien entendu, les réglementations et les règles d’hygiène et de sécurité s’appliquent. Maintenant, la créativité humaine reste sans limite, je vous le rappelle !

Cela ne garantit pas que le coût journalier objectif soit atteint, mais cela garantit une bonne alimentation en diminuant les coûts, et cela ouvre aussi la voie à d’autres économies, ailleurs, sans impact négatif sur la qualité de vie des patients. Et un jardin peut même en générer : une étude publiée en 1984 dans la revue Science a montré que des patients opérés, dont la chambre donnait sur des arbres, quittaient l’hôpital plus tôt que ceux qui voyaient un mur.

Trois conditions pour que cela fonctionne :

  1. En avoir envie : c’est l’élan du cœur qui met notre créativité en mouvement.
  2. Oser nous affirmer pour ce qui est juste, quitte à dire non à ce qui ne l’est pas.
  3. Revenir au principe pour proposer d’autres modalités, plus justes.

Ma proposition pour cette semaine :

  • Notez une situation sur laquelle vous butez en ce moment.
  • Identifiez le principe auquel votre solution devait répondre.
  • Listez au moins cinq autres façons de répondre à ce même principe que celle sur laquelle vous butiez jusqu’à présent. Ne vous arrêtez pas aux premières idées : les plus créatives arrivent souvent ensuite.

Alors, quelle modalité vous bloque en ce moment ?

Je vous souhaite une belle journée, pleine d’une infinité de modalités autour du principe de justesse,
Gwenola 🌞

PS : « Cette journée a changé ma vie et ma façon de voir les choses. » « Fait évoluer notre regard sur nos pratiques. Conforte et remet en cause ce que l’on fait de façon positive. »

Si vous sentez que, vous aussi, vous avez envie et besoin de renforcer votre affirmation pour un management plus juste et plus efficient et sortir des situations professionnelles non qualitatives, incohérentes ou inconfortables :

Gwenola Bliek
Fondatrice d’Infusethic
Une expertise basée sur plus de 10 ans de conseil et formation en Leadership Éthique, et 20 ans de marketing stratégique et opérationnel dans de grands groupes internationaux.

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